Côte d’Ivoire : Déclaration de l’Union pour la Sauvegarde du Patrimoine Wê (USP WÊ) suite à la sortie néfaste et honteuse de la ministre Anne Ouloto, et de certains cadres Wê

Docteur Alphonse Tousséa Oulaï, président de l'Union pour la Sauvegarde du Patrimoine Wê (Uspwê), lors d'une conférence de presse, animé le jeudi 31 janvier 2019, au complexe baron à Abidjan-Yopougon.

Docteur Alphonse Tousséa Oulaï, président de l’Union pour la Sauvegarde du Patrimoine Wê (Uspwê), lors d’une conférence de presse, animé le jeudi 31 janvier 2019, au complexe baron à Abidjan-Yopougon. Photo archives.

DÉCLARATION 
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Depuis que la communauté néolibérale occidentale a décidé, après la mort du président Houphouët en 1993, de reprendre de façon plus ferme, le contrôle de notre pays, son pré-carré, le peuple wê du Cavally et du Guémon souffre un immense martyre. La machine molaire collatérale, formée par des mercenaires mobilisées dans la sous-région, n’y est pas venue les mains mortes. Elle a tué, en masse, dans chacun des huit départements. Notamment 3850 personnes à Bangolo, 4500 à Bloléquin, 13000 à Duékoué, 635 à Facobly, 170 à Guiglo, 750 à Kouibly, 250 à Taï et 6865 à Toulepleu. Soit un total de 30.055 wê, ensevelis, en ce moment, dans trente-huit charniers de fortune. Ces massacres avaient pour objectifs de tuer pour affaiblir numériquement la communauté wê et faire fuir vers l’exil le maximum de wê, pour ensuite s’emparer à jamais des espaces de vie abandonnés. Le recensement national en cours dénombre déjà 45.000 plantations d’allogènes de 1 à plus de 200 ha de cacao dans le seul triangle Bloléquin – Guiglo – Taï (Goin Débé). Ces tueries de masses constituent un incontestable crime contre l’humanité.

A Duékoué Carrefour, dans la seule journée du mardi 29 mars 2011, plus de 800 personnes ont été tuées, selon la Croix Rouge dont les agents ont assuré le ramassage des corps des victimes. Dans le quartier, selon les témoignages de survivants dont il faut encore taire les identités, il a été demandé aux résidents non wê d’arborer un mouchoir blanc à la visite d’assaillants rebelles, les bourreaux. Ceux qui n’avaient pas de mouchoir blanc étaient systématiquement tués. Ici, on voit bien que c’est le wê qui est incontestablement ciblé en tant que groupe ethnique. Dans son rapport du 09 avril 2011, Amnesty International raconte ce que disaient les bourreaux avant leurs forfaits : « On cherche les Guérés (wê). Vous avez voté Gbagbo, on va vous tuer tous. Toi, tu es Guéré.. ». Nous avons là manifestement des faits de génocide.

Ces faits de génocide continuent d’accumuler dans les profondeurs du peuple wê des blessures et des dégâts cataboliques immenses. Des dégâts qui, faute d’être pris en charge par un processus judiciaire crédible, dégagent dans la durée, une forte vapeur qui, elle, en fonction des circonstances, change d’états par le processus naturel de conversion catégorielle que le président Kwame Nkrumah décrit bien dans le « consciencisme », sa vérité doctrinale. Ici, en pays wê, la vapeur des dégâts cataboliques s’est solidifiée en organisation de société civile que nous avons choisi d’appeler USPWÊ, Union pour la Sauvegarde du Patrimoine WÊ. L’USPWÊ, résultat donc d’une conversion catégorielle de la réalité wê, est un condensé de toute sa diversité et de toute son amplitude. Elle a donc vocation naturelle à donner, à tout moment, son état des lieux et à réclamer, en son nom, justice et réparation.

L’USPWÊ lance un appel à la Ministre Anne Désirée Ouloto, une sœur, pour lui demander d’être courageuse jusqu’au bout et d’assumer son déni du génocide wê ou de tourner dos aux défauts congénitaux bien connus que sont le mensonge, le révisionnisme et l’inversion victimaire dont son grand Autre, le néolibéralisme est coutumier. Il a l’art de transformer les victimes de sa pulsion néolibérale en bourreaux et les vrais bourreaux en victimes afin de faire disparaitre à jamais les abominables crimes qu’il commet à travers le monde. Il accuse Saddam Hussein de détenir de l’armement chimique et il détruit l’Irak. Et il avoue après, lui-même, qu’il a menti. Il accuse Gbagbo de tuer les pro-Ouattara avec l’armement lourd de l’armée nationale. Le monde entier réalise aujourd’hui qu’il ment puisse que Gbagbo est acquitté par manque de preuve. C’est cela la tasse de thé du néolibéralisme que tout wê devrait en ce moment refuser de boire.

L’USPWÊ lance un appel à l’Etat de Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU et à la CPI pour la reconnaissance, ici et maintenant, du génocide wê. Les victimes des massacres de ces vingt dernières années attendent toujours, dans une douleur permanente, justice et réparation. L’USPWÊ voudrait pouvoir compter sur toute bonne volonté pour la reconnaissance universelle du génocide wê.

Pour l’USPWÊ, le Président

Dr. ALPHONSE TOUSSEA OULAI

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