Côte d’Ivoire: Marcel Gossio invite Ouattara à ouvrir les portes des prisons et les frontières

Marcel Gossio, ex-directeur général du Port Autonome d`Abidjan (PAA).

Marcel Gossio, ex-directeur général du Port Autonome d`Abidjan (PAA).

Libération des pro-Gbagbo, retour des exilés…

Gossio invite Ouattara à ouvrir les portes des prisons et les frontières
Il y avait fête le samedi 8 novembre dernier à l’espace Aka Adjo de la Riviera II. Les populations du Cavally et du Guémon, réunies autour de leurs cadres et élus, ont célébré Marcel Gossio, ancien Dg du port autonome d’Abidjan (Paa), rentré d’exile saint et sauf le vendredi 17 janvier 2014. Le parrain de la cérémonie le Doyen Houlaï Tiabas ; le président du comité d’organisation le colonel Guéhi Tahi Robert et le Chef coutumier Doh Blanchard ont tous dit leur joie de revoir Marcel Gossio et sa famille vivants et en pleine forme. Ils ont exhorté les fils et filles du Cavally à l’union, sans distinction de chapelles politiques. Ils ont demandé aux exilés d’emboîter le pas à Marcel. Non sans exhorter le chef de l’Etat à faciliter ce retour à la maison.
Quand il a pris la parole, Marcel Gossio a, avant tour propos, invité l’assistance à observer une minute de silence en la mémoire de tous les frères et sœurs qui ont perdu la vie pendant et après la crise post-électorale. Il a salué« particulièrement la mémoire de la mère du Président Gbagbo qui vient d’être arrachée à notre affection. » Puis entamant son allocution, Gossio n’a pas caché son émotion de retrouver ses parents du Cavally et du Guémon. « Car, il y a trois ans, seule une foi de prophète pouvait laisser espérer que nous nous reverrions, tellement l’horizon de notre retour parmi vous semblait grandement assombri », s’est-il souvenu. Avant de dire toute sa solidarité dans l’épreuve avec le «Président Laurent Gbagbo, son épouse Simone et leur fils, notre fils, Charles Blé Goudé. Mes pensées vont également à l’endroit de ces milliers de nos compatriotes qui croupissent en silence dans les prisons ou vivent un exil forcé. Leur sort m’afflige et tourmente mon sommeil », a insisté l’orateur. Il a demandé par conséquent au pouvoir Ouattara d’accroitre les actes de paix et de décrispation à l’endroit de ces victimes. Car, dira Gossio, « la paix que les Ivoiriens attendent, commande que les autorités fassent plus d’efforts dans les actions de décrispation et de paix, en ouvrant les frontières et les portes des prisons ; en dégelant les avoirs et en restituant à leurs propriétaires les biens confisqués. »
Se tournant vers ses frères et sœurs du Cavally et du Guémon, Marcel Gossio a été sans ambages : « il y a un temps pour faire la guerre, il y a un temps pour faire la paix ; il y a un temps pour pleurer ; il y a un temps pour se consoler. L’heure du vivre en frère et sœur, de l’amitié et de la réconciliation a sonné. » Il ajouté que la Côte d’Ivoire a besoin de tous ses enfants autour de ces valeurs cardinales. Aussi l’ancien Dg du Paa a appelé ses parents à« impérativement » désarmer les cœurs et les esprits « pour laisser y séjourner durablement la paix, l’amour et la tolérance. N’ayons pas peur de la réconciliation ; car c’est par elle que nous allons reconstruire par le dialogue permanent ce que le dialogue des armes a détruit », a-t-il exhorté. Pour lui, la réconciliation est devenue pour les Ivoiriens ce qu’est l’oxygène pour l’être humain. C’est pourquoi, prenant l’assistance à témoin, Marcel Gossio s’est engagé à « s’impliquer résolument dans le processus de réconciliation en cours, auprès du peuple Wê ; celui-là même qui a le plus souffert des différentes crises survenues au cours de la dernière décennie. » Pour le peuple Wê, a précisé l’orateur, cette implication est une responsabilité et un devoir. C’est pourquoi, a-t-il insisté, la réconciliation nationale doit partir de l’ouest avant de s’étendre au reste du pays.
Abordant, par ailleurs, la récurrente question du foncier rural, Marcel Gossio a dit qu’elle est à la base des nombreuses tueries et exactions qui ont pignon sur rue à l’ouest. Dès lors, il s’est dit prêt à contribuer, aux côtés de ses frères et sœurs du Cavally et du Guémon, à la constitution dans les meilleurs délais d’une équipe de réflexion aux modalités d’un rabais des coûts de la sécurisation foncière et de l’obtention du certificat foncier ; avec un appui de l’Etat pour soulager les plus démunis. Il a ajouté « qu’une stratégie globale pour le retour de tous les exilés et déplacés est à élaborer avec l’appui des cadres. Car c’est avant tout un problème de survie pour le peuple Wê. » Mais cela ne sera possible qu’avec l’union et à la solidarité des cadres de tous bords politiques confondus.
En outre, Marcel Gossio a dit toute sa gratitude à l’endroit des Doyens et des personnalités du Cavally et du Guémon qui ont fait de son retour au pays leur cheval de bataille. Il a salué le Doyen Houlaï Tiabas, la ministre Anne Désirée Ouloto. Il a dit merci au chef de l’Etat Alassane Ouattara et au ministre d’Etat Hamed Bakayoko, au président du Fpi Pascal Affi N’Guessan ainsi qu’aux autorités marocaines. Gossio a en outre exprimé toute sa compassion à l’endroit du peuple de Côte d’Ivoire et des populations du Cavally et du Guémon, pour les dures épreuves endurées pendant et après la crise post-électorale. Ses parents et amis l’ont littéralement couvert de cadeaux de valeur !
On a noté entre autres présences à cette fête des retrouvailles, celle de Anne Désirée Ouloto, Emile Constant Bombet, Pascal Affi N’ Guessan, Augustin Comoé, Alain Digou, les Colonels Oulata Gaoudi et Guéhi Tahi Robert, Géneviève Bro Grébé. Les têtes couronnées du Cavally et du Guémon conduites par Doh Blanchard ont-elles aussi fait massivement le déplacement.
J.C. Démoncka, Elite TV1 International, Abidjan.

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