Ghana: Hommage de la Coordination du Front Populaire Ivoirien en Exil au Camarade Président Aboudramane Sangaré

Le Ministre Emile GUIRIEOULOU, Président de la Coordination du Front Populaire Ivoirien en Exil.

Le Ministre Emile GUIRIEOULOU, Président de la Coordination du Front Populaire Ivoirien en Exil.

Mesdames et messieurs,

Chers camarades,

Chers frères et sœurs,

Nous voici réunis dans un rassemblement douloureux que personne, oui personne ici, n’aurait imaginé possible il y a seulement un mois : une cérémonie d’hommage posthume en la mémoire du « Gardien du Temple », Sangaré Abou Drahamane.
Vous comprendrez donc ma douleur pleine d’émotion.

Aujourd’hui encore nous n’osons y croire : le gardien de notre temple est-il vraiment parti ? Sans nous prévenir ? Sans nous préparer à son absence ? Abou Drahamane Sangaré nous a-t-il vraiment quitté ? Pour toujours ? Ne le verrons-nous plus à jamais ?

Hélas, depuis ce samedi 3 novembre 2018, un deuil cruel nous frappe. Le FPI est dans la tourmente. EDS pleure. La Côte d’Ivoire et l’Afrique digne sont en deuil.
A cette occasion, nos pensées vont au Président Laurent Gbagbo qui perd son jumeau et dont nous imaginons la douleur et la peine en ce jour. Nous voudrions, en votre nom à tous lui renouveler nos sincères condoléances.

Les hommages fusent de toute part : camarades, amis, parents, adversaires et même ennemis accourent et se succèdent au domicile d’Abou Drahamane Sangaré. Le RDR, le RHDP, les rebelles, etc., se ruent chez lui, chacun avec son agenda caché ou visible.

Pendant que naturellement le FPI et ses alliés pleurent leur Gardien du Temple, certains viennent nous narguer et verser des larmes de crocodiles ; tandis que d’autres y viennent drapés dans leur hypocrisie avec leurs petits calculs politiciens croyant que nous ne voyons pas leurs jeux. D’autres encore qui, hier, affichaient à la une de leurs journaux, parlant de Sangaré, « cet homme est dangereux » viennent aujourd’hui dire que Sangaré est un « grand fils de la Côte d’Ivoire, un grand citoyen » et qu’il est leur frère.

Tous semblent maintenant découvrir les immenses qualités de l’homme ou du moins se sont-ils résolus à les reconnaitre.

Et pourtant, de son vivant, à maintes reprises et occasions, le Président Sangaré a appelé à la discussion, à l’ouverture de négociations politiques pour sortir notre pays de l’état de crise dans lequel il est plongé depuis si longtemps. On lui a opposé mépris et arrogance.

Si, aujourd’hui, la mort de Sangaré a enfin ouvert les yeux et l’esprit à tous pour reconnaitre que nous pouvons taire nos divergences pour nous rassembler, alors nous invitons le pouvoir à répondre à l’appel ultime d’Abou Drahamane Sangaré : « ASSEYONS-NOUS ET DISCUTONS ».
Allons à la réconciliation sincère et véritable qui ne se réalisera qu’avec la libération du Président Laurent Gbagbo qui constitue le « chaînon manquant » de cette réconciliation comme Sangaré n’a eu de cesse de le proclamer.

Ici le Ministre Emile Guiriélou rend un vibrant hommage à son leader.

Ici le Ministre Emile Guiriélou rend un vibrant hommage à son leader.

Camarades, Mesdames, Messieurs,

La mobilisation autour de la disparition brutale de notre illustre camarade, est le reflet de l’homme d’honneur qu’il a été tout le long de sa vie.
Il nous laisse comme testament de vie des principes et des valeurs.

Oui chers frères et sœurs,

  • Abou Drahamane Sangaré a été un Grand Homme, aux convictions fermes et inébranlables. 
  • Combattant des causes justes, de la liberté et de la démocratie, sur qui les portes des prisons ivoiriennes se sont maintes refermées et ouvertes : Séguéla, MACA, Katiola.
  • Sangaré Abou Drahamane est l’incarnation de la loyauté, de la dignité, de la fidélité et de l’amitié. 

Le parcours de Sangaré pendant les 72 années qu’il a passées sur terre doit nous inspirer dans notre vie à nous.
Quel militant ou tout simplement quel homme ou quelle femme choisissons-nous d’être dans notre vie ?

Nous avons écouté tout à l’heure la lecture de l’évangile de Jean. Et cela m’a révélé un trait commun entre l’apôtre Jean et le Président Sangaré : la fidélité dans l’amitié.

Jean est souvent décrit comme l’apôtre préféré de Jésus. Il est de tous les disciples celui qui est resté auprès de Jésus jusqu’au pied de la croix. A son sujet, la Bible dit : « Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. » (Jn 19, 25-27). Ainsi donc la mère de Jésus a vécu avec Jean jusqu’à sa mort. Et donc naturellement c’est lui Jean qui enterré la mère de Jésus.

Sangaré, lui, en plus d’être l’ami, le camarade et le compagnon, il est le jumeau du Président Gbagbo. Celui-ci, dans l’hommage émouvant qu’il lui a rendu à l’annonce de son décès, disait parlant de ses liens avec Sangaré : « nous avons fait corps et esprit ensemble dans une sorte d’osmose qui nous permet de transférer nos idées, de façon commutative, même quand nous sommes séparés physiquement ».

Comme Jean au pied de la croix, Sangaré est resté auprès de son ami, de son frère jumeau, sous les bombes de l’armée française au plus fort de la crise post-électorale en 2011.
Comme Jean, c’est Sangaré qui a conduit à sa dernière demeure maman Gado Marguérite, la mère du Président Gbagbo en l’absence de celui-ci.
A l’exemple du Président Sangaré, soyons fidèles dans l’amitié et l’engagement. Choisissons quel type de disciple nous voulons être. Car cette qualité n’a pas toujours été retrouvée chez tous les disciples de Jésus.

Ainsi en est-il de Judas qui a trahi son maître pour de l’argent.
Pierre, le téméraire qui n’hésita pas à sortir son épée pour trancher l’oreille d’un des soldats venus arrêter Jésus, le reniera quelques instant plus tard par peur d’être lui aussi mis aux arrêts.
Thomas a douté de la nature divine de Jésus en mettant en doute sa résurrection.

Chers camarades, à l’exemple d’Abou Drahamane Sangaré soyons tous des Apôtre Jean, fidèles, solidaires, compatissants et reconnaissants quel qu’en soit le prix à payer.
Nous pouvons aussi choisir d’être comme l’Apôtre Paul qui, bien que n’ayant pas côtoyé Jésus, n’ayant pas été un de ses proches, fut celui qui a contribué de façon significative à l’expansion, à la propagation et à l’accomplissement de la Parole et de l’œuvre du Christ.

Sangaré a tout partagé avec le Président Laurent Gbagbo qui le reconnait lui-même car, dans l’hommage cité plus haut, il écrit : « Que de combats n’avons-nous pas menés ensembles ? Que de misères n’avons-nous partagées ensembles ? Que de souffrances n’avons-nous pas connues ensemble ? Mais aussi que de rêves n’avons-nous pas caressés et de joies communiquées entre nous ? ». Et comme si c’était pour lui répondre, dans un film documentaire réalisé par la journaliste italienne Nicoletta Fagiolo, le Président Sangaré exprimait son regret de n’être pas lui aussi à la CPI auprès de son frère jumeau. Ayant peut-être à l’esprit l’exemple de Moryfindjan Diabaté qui, par amitié et fidélité à l’Almamy Samory Touré, a rejoint ce dernier dans sa terre de déportation et d’exil au Gabon à la fin du 19ème siècle.

Chers camarades,

Au-delà de l’exemple de vie qu’il nous donne, le Président Sangaré nous laisse un riche héritage politique.

Sangaré est pour le FPI, que dis-je, pour la Côte d’Ivoire, une mine d’or, un trésor inépuisable de motivation, d’engagement, de combativité. Il est inébranlable dans ses convictions.
Ce n’est pas pour rien que le Président Laurent Gbagbo, depuis la prison de la Haye, a dit de lui « si Sangaré tient, je tiens ». Et que Simone Gbagbo à sa sortie de prison le 8 août dernier a déclaré « ce qui est dans mon ventre, si je dois le dire, ça doit passer par le tamis de Sangaré ».
Alors que devons-nous faire pour honorer sa mémoire ?

Pleurer ?

Non, camarades, ce n’est pas cela que Sangaré attend de nous ! Mais plutôt, il nous faut marcher dans ses pas et mettre en application les recommandations qu’il nous a laissées.

Dans son discours mémorable à l’occasion de la tout aussi mémorable fête de la liberté 2017 à Akouré, le Président Sangaré, de façon prémonitoire, déclarait ce qui suit : « Nous sommes liés par le devoir de mémoire à ceux qui nous ont quittés. Nous sommes ensemble et jamais nous ne trahirons leur mémoire. J’aime l’idée que les morts ne sont pas morts et qu’ils sont quelque part en train de nous observer, de suivre notre marche pour voir si nous laissons des traces ou des tâches, en un mot de vérifier si nous sommes dignes de leur mémoire. Une fois convaincus de la justesse de notre parcours, les morts intercèderont alors auprès de Dieu pour lui demander protection, assistance et miséricorde dans notre lutte commune pour la démocratie. J’aime également l’idée que les morts emportent avec eux une part de notre vie, de nos souvenirs communs. Nous avons le sentiment honteux que chaque mort autour de nous nous donne un sursis pour la vie. Par les libertés et pour les libertés, nous devons faire en sorte que la vie l’emporte sur la mort ».

Oui, camarades, oui chers compatriotes ivoiriens, chers frères africains, le testament politique que Abou Drahamane Sangaré nous laisse peut se traduire en ces termes :

  • On peut faire la politique et être honnête, 
  • On peut faire la politique et être intègre,
  • On peut faire la politique sans être dans la fourberie et le mensonge,
  • On peut réussir en politique en restant soi-même, constant dans ses convictions, sans trahir ses principes et les valeurs qui les sous-tendent
  • On peut avancer et atteindre ses objectifs sans renoncer devant les épreuves.

A la fête de la liberté à Dabou en 2016, il nous indiquait la voie à suivre : Je n’ai pas accepté ce pouvoir. Je ne l’accepte pas et je n’accepterai jamais ce pouvoir. Aujourd’hui il y a 2 lignes, ceux qui veulent nous ramener vers le parti unique et ceux qui veulent faire avancer le pays. Nous nous retrouvons dans le 2ème groupe. Le FPI a le devoir de changer cette ambiance poisseuse. Si le FPI arrête de lutter, le FPI meurt. Le FPI ne doit pas décevoir les attentes du peuple. Le FPI ne doit pas se compromettre. Si nous avons lutté depuis des années, ce n’est pas maintenant que nous allons brader la lutte. Cette génération est chargée de rétablir la dignité. Le FPI est fort d’espoirs, de modèle. Pour les générations à venir : NOUS TIENDRONS ».

Au congrès de Moossou le 3 août 2018, il a poursuivi cette exhortation au combat : « Même si l’adversité est rude, nous ne pouvons pas faire le sacrifice de nos convictions. Le FPI doit rester une opposition solide sur ses convictions et ferme sur son socle de valeurs ; une opposition qui refuse les ambiguïtés et les incohérences, qui n’avance jamais masquée. C’est la cohérence qui porte ses fruits. On ne peut pas enlever au FPI sa constance. Il ne faut pas se le cacher. Les batailles décisives s’imposent à nous si les tenants actuels du pouvoir s’enferment dans leur autisme et refusent de s’engager résolument dans la décrispation de la vie politique. Nous ne devons pas rester stoïques face aux nombreuses dérives qui ont de nos jours pignons sur rue. Il nous faut réveiller en nous une âme de combattant. Nous devons être des ambitieux dont les ambitions n’étranglent pas la témérité. Nous devons avoir le courage de nos choix. On ne vit réellement que si on est prêt à mourir pour une cause. Pour affronter la vie, il faut savoir affronter ses peurs. Et vous ne vivrez pas tant que vous aurez peur. Et vous n’aurez pas peur si vous refusez le chantage. Pour combattre l’hydre, pour se donner plus de chance de réussite, j’en appelle, au nom du Président Laurent Gbagbo et du FPI, à un nouveau rapport de forces. Il s’impose à la Côte d’Ivoire. Et cela est possible grâce à un front uni du refus de la dictature et un pont de solidarité. Chaque ivoirien doit être solidaire et se sentir concerné par la lutte. Chaque ivoirien doit devenir un combattant de la libération de la Côte d’Ivoire. La victoire est au bout de la lutte ; une lutte sans mi-temps ni temps mort ; une lutte sans murmure ni hésitation ; une lutte sans renoncement sans reniement ».

Alors camarades, après avoir écouté le testament politique que Sangaré nous laisse, après avoir entendu ces paroles galvanisantes qui tracent le chemin à suivre et nous donnent des missions nous devons attacher nos ceintures pour mener ce combat et le gagner. Dans cette lutte, il n’y a ni petit ni grand. Chacun, au niveau où il se situe dans la chaîne doit apporter sa pierre.

C’est d’ailleurs à cela que le Président Sangaré nous appelle quand il a bien voulu à Akouré, en 2017, nous instruire du symbole du colibri tiré d’une légende amérindienne : « Un jour, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou (un animal qui ressemble au pangolin) agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu es fou ? Ce n’est pas avec ces petites gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! Le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part ».

Oui, camarades, Sangaré nous invite au combat, Sangaré nous invite à la lutte pour la libération de la Côte d’Ivoire. Sangaré nous invite à l’union.
Il a lancé un message de rassemblement à la Côte d’Ivoire pour que le Président Laurent Gbagbo libéré, nous allions à la reconquête des libertés perdues, à la reconquête du pouvoir d’Etat, à la refondation et à la restauration de notre pays.

Camarades, c’est ce message du Président Abou Drahamane Sangaré qui doit être en chacun de nous, qui doit être notre leitmotiv, qui doit être notre boussole.

Mettons-nous ensemble pour sauver notre patrie en danger.

Au Camarade Sangaré, je dis, Président tu peux compter sur nous.

Comme le colibri, nous prendrons et ferons notre part avec détermination et clairvoyance.

Quant à toi, va et repose en paix.

Le FPI saura poursuivre ton œuvre afin d’honorer ta mémoire et se rendre digne de ton combat.

Le Ministre Emile GUIRIEOULOU, Président de la Coordination

 

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