Royaume-Uni : La représentation du FPI-UK célèbre la Fête de la Liberté avec son Vice-Président le Pr. KOUDOU Kessié Raymond

Pr. KOUDOU Kessié Raymond, Vice-Président du FPI chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique (Photo d'Archives).

Pr. KOUDOU Kessié Raymond, Vice-Président du FPI chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique (Photo d’Archives).

FPI 2 

FRONT POPULAIRE IVOIRIEN 

 

Thème : POURQUOI LE FPI FÊTE-T-IL LA LIBERTÉ EN L’ABSCENCE DES LIBERTÉS ?

Conférence de Pr. KOUDOU Kessié Raymond

Vice-Président du FPI chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique

[Fête de la Liberté du FPI – UK – Samedi 27 Avril 2019]

 

Introduction : Aucune liberté n’est jamais acquise une fois pour toute

Le mot liberté se rapporte à l’état d’une personne ou d’un peuple qui ne subit pas de contraintes, de soumissions, de servitudes exercées par une autre personne, par un pouvoir tyrannique ou par une puissance étrangère. La liberté est un des droits fondamentaux prescrits par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 10 août 1793. Celle-ci dispose, en effet, en son article 6 que « la liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait ».

De la Grèce antique à la Rome antique, de l’époque médiévale au Siècle des Lumières, du « Commonwealth » britannique à la « Convention » de la Révolution française, du parti-État au « retour au multipartisme » ivoirien, la lutte pour la liberté a fait un long chemin parsemé  d’embûches mais aussi de victoires, toujours à actualiser car aucune liberté n’est jamais acquise une fois pour toute. Le mot actualiser résume en lui seul notre intervention car le propre de l’être humain et le propre de tout pouvoir c’est d’abuser du pouvoir s’il n’a aucun contre-pouvoir pour lui rappeler ses devoirs. Le présent exposé s’appuiera pour le soutenir sur trois points : (1) Une fête pour se souvenir et se réjouir des acquis du combat pour les libertés ; (2) Une fête pour braquer les projecteurs sur les libertés abondamment proclamées mais massivement violées et bafouées sous Ouattara ; (3) Une fête dédiée à la liberté pour s’imprégner des droits et devoirs du combattant des libertés face à un régime liberticide.

  • Une fête de la liberté pour se souvenir et se réjouir des acquis du combat pour les libertés

Fêter la liberté, c’est se réjouir d’une victoire pour des libertés sur la servitude, pas forcément toutes les libertés. Pour nous militants du FPI, c’est un anniversaire au cours duquel nous voulons nous souvenir et commémorer une victoire politique, celle du retour au multipartisme dans notre pays. Les Grecs ne disaient-ils pas, se référant à leur indépendance vis-à-vis des Turcs Ottomans en 1821, que mieux vaut une heure de liberté que quarante ans d’esclavage. Ici même en Angleterre, John Locke (1632-1704) préconisa de séparer les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire pour éviter qu’ils ne soient dans les mains d’une seule personne. Pour lui, le peuple doit se révolter contre l’État si ce dernier menace les libertés individuelles. L’Angleterre, par exemple, a contribué au mouvement du monde pour les libertés individuelles et publiques, à travers trois actes importants : La Magna Carta (la Grande Charte, 1215) qui adopta le principe selon lequel le Roi n’est pas au-dessus de la loi mais qu’il doit gouverner en la respectant. L’Habeas corpus (1679) qui stipula qu’aucun homme libre ne doit être arrêté, emprisonné, dépossédé de ses biens sans jugement. Et, le Bill of Rights (1689) qui consacra les droits et les libertés du citoyen. La Côte d’Ivoire a également contribué au vent des libertés par « le retour au multipartisme » et ce, grâce à une figure de proue, M. Laurent Gbagbo, à la tête du Front Uni des organisations politiques et syndicales (le FPI son parti, les syndicats,  le SYNARES, le SYNACASSCI et le SYNESCI entre autres). Une  victoire sur le parti et la pensée uniques grâce au front uni politique et syndical autour des libertés et par des manifestations unitaires de rue. C’était donc à bon droit que la victoire du multipartisme sur le parti unique dont le FPI et son leader Laurent Gbagbo  avaient fait leur  cheval de bataille fasse l’objet d’une fête. Cet acquis important de la lutte commune politique et syndicale a eu des répercussions au sein des populations et des travailleurs. En témoignent, la création et l’enregistrement des partis politiques autres que le PDCI-RDA tels que le FPI, le PIT, l’USD et le PSI ; la création de nouvelles centrales syndicales autres que l’UGTCI telles que la FESACI et DIGNITÉ ; la naissance de la LIDHO, la toute nouvelle organisation de défense des Droits de l’Homme du pays.

La Fête de la liberté pour le FPI est donc d’abord comme on le voit une occasion de se réjouir des acquis de la lutte des forces démocratiques en Côte d’Ivoire, menée sous la houlette de son leader Laurent Gbagbo. Mais, c’est surtout une occasion pour le FPI de braquer les projecteurs sur les dérives dictatoriales du régime liberticide et de rattrapage ethnique de M. Ouattara afin de mettre en exergue l’urgence de continuer le combat et de ne pas s’endormir sur les lauriers.

  • Une fête pour braquer les projecteurs sur les libertés abondamment proclamées mais massivement violées et bafouées sous Ouattara

Le sens de cette fête c’est aussi de prendre la juste mesure de la prison, de cette nouvelle bastille instituée à ciel ouvert en Côte d’Ivoire par Alassane  Dramane Ouattara. En effet, aujourd’hui, jour de cette fête de la liberté, nous devons crier haut et fort la nature dictatoriale du régime Ouattara installé par les armes de l’occident. Avec ce régime qui ne connaît que les armes et la violence, on a en effet sous les yeux toutes les caractéristiques d’une dictature féroce qui est de plus en plus mise à nu en international (2-1) et en Côte d’Ivoire (2-2).

2-1- Témoignages en international : une démocratie et une économie trompe-l’œil

  • La Cour Africaine des Droits de l’homme et des Peuples (CADHP): le 18 novembre 2016, la CADHP condamnait déjà vivement l’immixtion de l’exécutif ivoirien dans la gestion de la Commission Électorale Indépendante et ordonné à la Côte d’Ivoire, la modification de la loi organique y relative.
  • L’Union Européenne (UE): en juillet 2018, le Rapport des chefs de mission de l’union européenne qualifie la Côte d’Ivoire d’une : « façade rassurante … La Côte d’Ivoire affiche l’image rassurante d’une stabilité retrouvée, portée par des taux de croissance élevésCependant, les indicateurs sociaux stagnent (taux de pauvreté à 46 % en 2015)». «La population s’interroge de plus en plus ouvertement sur cette croissance qui ne lui semble pas ou peu bénéfique», et «tolère d’autant moins les largesses financières dont bénéficient les cercles du pouvoir», «dont l’enrichissement ces dernières années est parfois spectaculaire», ajoute le rapport de l’UE qui poursuit de plus belle : « La réconciliation nationale, si nécessaire dans ce pays longtemps divisé, et en dépit de la création d’une commission dédiée à ce sujet mais aux résultats vides de sens, semble avoir été sacrifiée sur l’autel de l’impunité (aucun jugement à ce jour des exactions commises durant la crise par des forces « pro-Ouattara », et procès bâclé de Simone Gbagbo), de l’amnésie (pas de lecture commune de la crise et peu d’indemnisation des victimes), et surtout du principe de « rattrapage », qui dans les faits s’est substitué au concept si néfaste de « l’ivoirité ».
  • L’Agence française de développement (AFD) et l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA) : leur étude conjointe a établi le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire à 47% (APRnews, jeudi 2 décembre 2017.)
  • Amnesty International (AI): le Rapport du 11 février 2019 d’AI dénonçait quant à lui les « lois répressives, arrestations et détentions arbitraires, impunité dans le camp Ouattara,  harcèlement ciblant des citoyens en raison de leurs opinions jugées critiques et dissidentes vis-à-vis du pouvoir Ouattara. »

2-2- Les indicateurs caractéristiques de la dictature du régime Ouattara ne peuvent plus être dissimulés à personne sur place

Ces indicateurs ont été dénoncés par les partis politiques de l’opposition et de nombreuses organisations des droits de la personne sur place. Ils vont, de la violation constante de la constitution, en passant par les violences, la violation des libertés, les tueries à grande échelle, aux génocides, dont le plus tragique demeure le génocide du peuple Wè.

  • Le génocide du peuple Wè: les Wès ont été l’objet de crimes planifiés et perpétrés sous le regard indifférent des forces de l’ONUCI et de la Force militaire française Licorne. Leur crime, c’est d’être des pro-Gbagbo. Les lieux de ces crimes qui se comptent par milliers ont pour noms, Nahibly, Guitrozon, Petit Duékoué, etc.
  • Les crimes contre l’humanité commis contre les patriotes à la résidence d’État le 11 avril 2011: des patriotes venus par milliers se constituer en bouclier humain pour protéger le Président Gbagbo ont été froidement abattus pour faire le passage aux forces rebelles. Le Rapport de la Commission Nationale d’enquête dirigée par l’ex-PM Banny a fait état de plus de 10 000 morts, là où la machine révisionniste de Ouattara et de la communauté internationale n’a mentionné que 3 000 victimes, tous apparemment « identifiés » pro-Ouattara. Etc.
  • Les prisons à ciel ouvert sur tout le territoire national : la prison souvent sans jugement, les violences, les tortures et autres séquestrations sont le lot quotidien des citoyens. Des dizaines de prisonniers politiques croupissent encore dans les maisons d’arrêts du régime malgré une loi d’amnistie. Le dernier Rapport du Secrétariat National chargéde l’administration pénitentiaire et des prisonniers politiques en porte témoignage. En 2018, il mentionnait 218 prisonniers politiques. Ce chiffre en 2019 est de 31 après l’amnistie du Chef de l’État, le 6 août 2018.
  • L’exil forcé : pour de nombreuses familles et/ou personnes/personnalités issues du camp Gbagbo, l’exil et la galère continuent.
  • La liberté de la presse est quotidiennement bafouée : le Conseil National de la Presse (CNP) a été érigé en organe de censure contre la presse écrite libre. Les suspensions d’organes de presses libres et les paiements de dédommagements pour leurs écrits jugés injurieux à l’égard de M. Ouattara ne se comptent plus. Les medias de service public sont au service du régime et les manifestations de l’opposition, rarement couvertes, font l’objet de censures systématiques. Le Rapport de l’UE cité plus haut d’ajouter : «  Plus récemment, la société des journalistes de l’hebdomadaire Jeune Afrique publiait un communiqué sans équivoque, exprimant son « inquiétude face aux interventions répétées et injustifiées de la direction de la publication sur les articles traitant de la Côte d’Ivoire », ajoutant que « ces derniers mois, rares ont été les titres ou articles à ne pas avoir été tronqués, retouchés, aseptisés, voire déprogrammés, en particulier lorsqu’ils traitent du pouvoir en place ». Il est également à signaler que l’ONG actions pour la protection des droits de l’homme (APDH), à l’origine de la requête auprès de la CADHP concernant la CEI, est régulièrement prise à partie ces derniers mois et que son président a été plusieurs fois menacé. »
  • Une justice des vainqueurs et une impunité pour les affranchis du camp Ouattara : depuis la crise post électorale, aucun partisan du camp Ouattara n’a été interpellé par la justice, nationale ou internationale. Tous blancs comme neige !
  • Une absence de réconciliation nationale : après une crise post électorale aussi destructrice que jamais vue en Côte d’Ivoire, personne ne devrait jouer à cache-cache avec l’impératif de la réconciliation nationale. Les termes du Rapport de l’Union Européenne sont les suivants : « Aux demandes d’un État social, inclusif et transparent, (on enregistre plutôt) une réaction de fermeture qui fait aussi rejaillir l’absence de réconciliation ». Etc.

Dénoncer publiquement toutes les violations des libertés, c’était le second objectif de cette Fête. Le troisième et non moins important consiste à familiariser les combattants des libertés avec leurs droits et devoirs pour faire face et résister victorieusement à l’oppression.

  • Une fête dédiée à la liberté pour s’imprégner des droits et devoirs du combattant des libertés face à un régime liberticide.

Le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs du citoyen quand le gouvernement viole les droits du peuple c’est l’insurrection. Celle-ci s’entend comme l’action de se  soulever, de se révolter contre l’autorité. C’est l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 10 août 1793 qui le prescrit. Résister donc à l’oppression, agir pour mettre fin à la servitude et au règne des dictateurs. Voilà exactement les devoirs des citoyens. Par la fête, nous prenons date et des engagements pour qu’après la fête l’on passe effectivement aux actes si l’on veut arracher d’autres acquis, afficher de nouvelles victoires et non s’endormir sur les lauriers ou les gloires passées. Agir pour résister à l’oppression est le devoir du citoyen, même si en Côte d’Ivoire, le régime Ouattara met, à loisir, en avant le crime de « déstabilisation des institutions de la République », pour jeter en prison des citoyens qui ne mettent pourtant en œuvre que leur droit de résistance à l’oppression. Rester inactif c’est accepter volontairement la servitude et l’esclavage moderne. Par la fête de la liberté nous souhaitons vivifier un passé de liberté acquise, ici le multipartisme afin que celui-ci devienne source de résistance et de résilience, c’est-à-dire d’endurance et de fermeté. La Fête de la Liberté doit être l’occasion pour nous souvenir de ce que la victoire ne s’arrache que par la lutte. Ayons toujours à l’esprit que, quoi que l’on désire, il faut se battre pour l’obtenir et s’en donner les moyens. Ou encore, comme le dit si bien Han Sun Zi, « se rendre invincible dépend de soi ». M. Ouattara a tenté en 1992 d’assassiner la démocratie et des démocrates avec M. Laurent Gbagbo à leur tête. En 2011, il a récidivé, cette fois-ci par les armes et avec l’aide des occidentaux, en faisant bombarder la résidence présidentielle et son locataire le Président Laurent Gbagbo. Il a réussi à prendre en otage notre jeune démocratie mis sur les rails grâce au retour au multipartisme et au combat de M. Laurent Gbagbo. Il l’a fait arrêter et déporter à La Haye où il a subi un procès inique et injuste devant la CPI. Il en est sorti acquitté et blanchi. Si Ouattara n’a pas réussi à mettre la démocratie totalement à mort, il a cependant ramené le pays plus de vingt ans en arrière, anéantissant ainsi les acquis de plusieurs décennies de combat.

Conclusion : Agir sans délai pour les libertés

La fête, nous venons de le voir, est une occasion de mettre les combattants des libertés en ordre de bataille pour arracher de nouvelles victoires, de nouveaux acquis. Après la fête, il est maintenant venu le temps d’agir en faisant mentir cet adage qui colle à la peau des Africains comme préférant danser, s’amuser et fêter. Faisons de la fête de la liberté du FPI, comme dit Seri Bailly, « un moment de reprogrammation des ambitions, de résurrection des héros et enfin d’une nouvelle invitation à l’héroïsme.»  Agir est de notre devoir pour mettre fin au deuil des libertés dans notre pays sous le règne de Ouattara. Agir pour les libertés, c’est maintenant et non demain, car demain il sera peut-être trop tard et nous n’aurons plus qu’à nous en prendre à nous-mêmes. Pleurer sur notre sort est certainement un moyen de compensation psychologique qui ne saurait suffire. Lever les yeux vers les cieux est spirituellement fort utile, mais pour tout dire, n’oublions jamais que le ciel n’aide que ceux qui s’aident eux-mêmes suivant le précepte « aide-toi, le ciel t’aidera. » Tirons leçons de l’actualité africaine qui nous vient singulièrement du Soudan et de l’Algérie et disons-nous que le prisonnier ne l’est en dernier ressort que par servitude volontaire.

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