Les langues se délient sur le décès du secrétaire général de Dignité. «Mahan Gahé savait qu’il allait mourir»

Mahan Gahé.

Mahan Gahé Basile

Mahan Gahé Basile était un homme stoïque. Un courageux qui a supporté avec dignité son état de santé déclinant. Il a fait des examens cliniques en Europe et en Tunisie dont il n’a jamais voulu partager les résultats, sinon avec ses deux médecins traitants. Parce qu’il savait qu’il ne survivrait pas des coups que lui ont infligés ses tortionnaires. C’est un membre de sa famille qui était presque tout le temps à ses soins, depuis sa sortie de prison jusqu’à son dernier soupir qui a fait cette révélation à la délégation du Front populaire ivoirien (Fpi) conduite par le président dudit Affi N’Guessan, le lundi dernier à la résidence du défunt à la Riviera Golf dans le quartier chic de Cocody à Abidjan.
Selon Flan Téhé Jean qui s’exprimait avec beaucoup de gravité dans la voix, Basile Mahan Gahé, à un moment donné, refusait de suivre son traitement prescrit. Il ne voulu plus prendre ses médicaments, sauf après moult négociations avec lui, souvent ponctuées de beaucoup de diplomatie. “A quoi bon se fatiguer à se soumettre à la rigueur d’un traitement, si au bout du compte l’on va succomber…” Commentait-on dans l’auditoire.
Dans le marigot politique ivoirien, l’on évoque de plus en plus l’idée d’une autopsie, pour déterminer les causes de sa mort. Mais c’est encore à mots couverts, vu que le pays est en train de rentrer dans une dynamique de normalisation amorcée depuis la sortie massive des prisonniers pro-Gbagbo le 6 août 2013, et le refus du gouvernement ivoirien de livrer Simone Gbagbo à la Cour pénale internationale (Cpi).
C’est le 26 Avril 2011 que le Secrétaire général de la Centrale Dignité, Mahan Gahé, a été arrêté à son domicile de la Riviera Golf par un détachement des Frci qui l’accusaient de détenir des armes. Après une fouille qui n’a rien donné, il sera néanmoins embarqué pour un poste de police à Williamsville, un sous-quartier de la commune d’Adjamé où il a été torturé pendant longtemps. Trois mois plus tard, Mahan Gahé a été transféré à la prison de Boundiali au nord de la Côte d’Ivoire, où il était détenu en même temps que le Pr Gilbert Marie Aké N’gbo, dernier premier ministre de Laurent Gbagbo, dans un état précaire. C’était donc un Mahan Gahé littéralement rongé par la maladie qui a  bénéficié de la liberté provisoire le 22 décembre 2012 en même temps que Gilbert Aké M’Gbo et bien d’autres pro-Gbagbo. Dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 Septembre 2013, le défenseur de la Dignité des travailleurs a déposé les armes.
Jean Christian Démonka, à Abidjan

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *